mercredi, 18 février 2009

Jazka is dead

 Je ne posterai plus d'articles, ou de news, ou de commentaires, sur l'esport et les jeux vidéos. J'en ai plus envie. Je pense toujours que le sport électronique, une de ces choses créées par la révolution internet, est un formidable moyen d'émulation et qu'il méritait un brillant avenir. Même en me disant qu'il pourrait être lointain, cet avenir, je n'y crois plus. Je ne sais pas quelle forme prendra le développement des compétitions sur les plateformes jeux vidéos, internet et ordinateurs, mais il prendra forme, si tant est que l'esprit de compétition existe toujours. Cependant l'esprit sportif, lui, c'est beaucoup moins sûr (se dépasser pour se dépasser et ce genre de conneries hasbeen, vous savez). Or sans esprit, pour moi, point de sport.

 Je pense à internet : combien de fois a-t-on vu des gens uniquement se réjouir d'internet dans l'optique où il ouvre les hommes et les femmes du monde entiers les uns vers les autres ? Dans la pratique c'est très exactement l'inverse qui se produit : sur internet les gens se regroupent par leurs intérêts communs excluant ceux qui ne sont pas de leur communauté. Pour être tout à fait honnête cette idée dans l'absolu me plaît, vomissant l'idée "bien pensante" à la mode de "mixité" qui n'est autre que vouloir imposer des gens à d'autres gens qui ont des valeurs et des intérêts parfaitement contradictoires. Je ne digresse pas tant que ça : si on est obligés de plus en plus de se confronter les uns aux autres dans la vie réelle et qu'il faut bien trouver des moyens et d'identification et de sublimation cela devient de moins en moins vrai sur internet. Je pense que ça compte beaucoup dans le désamorçage de l'esport, dépendant d'internet : l'intérêt de se dépasser tend vers la nullité. C'est à mon avis une des causes qui fera qu'un solide esprit (e)sportif n'émergera jamais. Il y a d'autres raisons certainement mais c'est là, peu importe qu'elle soit discutable, ma dernière réflexion à ce sujet.

 
 Maintenant que je tourne la page avant même d'avoir eu quelques éléments de réponses à des interrogations, aujourd'hui pour moi sans intérêt, avec la mise en ligne de QuakeLive ou shotmania, je me dis que, après dix ans, on peut faire le constat de l'échec. Le sport électronique a échoué : il n'y a ni fédération, ni pérennité, ni reconnaissance, ni légitimité, peu d'intérêt et surtout pas d'esprit sportif et très exactement rien qui puisse faire croire que cela changera, au contraire. A la place de tout cela il y a quelques sociétés (ESWC...), déjà quasiment aucune de pérenne avant la crise, un regroupement d'équipes qui ressemble à un groupe de pression qui ne représente que lui-même, des associations négligeables, les joueurs de jeux vidéos qui eux-même se gaussent du sport électronique que ce soit sur la forme, ou plus tristement, sur le fond. Il y a dix ans quand le sport électronique poussait ses premiers cris, il y avait une Ferrari à gagner et des rêves et de la passion. L'impulsion paraissait bonne mais la trajectoire était en fait mauvaise et le poids ridicule pour avoir quelque impact ou futur que ce soit. L'esport a fait long feu. On voit des articles qui parlent de cycles et de newbies qui, une fois qu'ils en auront marre de jouer à des jeux de merde, viendraient pratiquer de la compétition sur de bons jeux, de la communauté des joueurs qui aurait laissé "son" "pouvoir" à x ou y. Il y en aura de plus en plus; tout le monde commence à prendre acte du fait que la route de l'esport, même dans sa définition la plus large, n'a tout simplement jamais été prise par les joueurs malgré leur multiplication (ce qui a pu créer une illusion) et ne le sera jamais d'une façon massive.


 Je ne sais plus pourquoi je reste, mon intérêt s'est éteint, constat fait lors de ma dernière partie QL. D'autres sont apparus, bien plus satisfaisants. Je garderai en mémoire tout un tas de bons souvenirs, quelques amis, des connaissances, le tout mériterait un quakesionnaire 2 pour Quake 4 et ETQW, malgré que le tout en question soit teinté par une grande désillusion. J'en ai pas le courage. Ça a un petit côté amertume post-révolutionnaire, j'ai l'impression de ne pas être le seul avec ce genre de sentiment au sujet d'internet plus en général, voir de la mondialisation ou de tous les petits espoirs déçus, soyons fou. On ne s'élève pas quand on en a les moyens mais quand on en a besoin, je crois.


 Le plus cruel reste ce goût d'innachevé, mais je sais qu'il n'y a rien à faire, et heureusement ce soir il s'étiole avec cette page qui se tourne.


 Je vous dis donc au revoir et merci de m'avoir lu et d'avoir partagé de bons moments online avec moi pour certains que je n'aurai plus l'occasion de voir. A bientôt pour les autres.


Yann